CARTO – Réseau international d’artistes féminines, transgenres en art digital, female:pressure met en relation et accompagne ses membres vers une meilleure reconnaissance de leur art. Découvrez le réseau français à travers une carte interactive.
Communiquer, mettre en avant et renforcer les liens entre artistes digitales féminines du monde entier, c’est l’objectif affiché par le réseau female:pressure qui comptait, en mars 2019, pas moins de 2400 membres répartis dans 75 pays. Deux points sont communs à tous ces membres : ils font partie du monde de l’électronique ou du digital, et ont envie de le faire savoir.
Nous avons posé notre regard sur 10 artistes françaises membres du réseau à découvrir en photos, en images et en vidéos sur cette carte interactive (cliquez sur l’image) :

Des programmations culturelles genrées
Si les DJs et autres artistes digitales féminines sont tout aussi actives que leurs homologues masculins, elles souffrent d’un manque cruel de reconnaissance dans les grandes manifestations culturelles. Encore en 2017, les femmes représentaient moins d’un artiste programmé sur 10 en club et en festival et moins de 2 artistes sur 10 chez les labels.
Un constat sans appel qui pousse Antye Greie-Ripatti, artiste et musicienne allemande a lancé Female:pressure dès 1998. « On a pensé le réseau comme une source d’information accessible au public et un outil de divulgation de l’existence et du travail des femmes » explique-t-elle, « dans un milieu culturel majoritairement occupé par les hommes, il est nécessaire de communiquer autour de TOUTES les initiatives artistiques, sans considération de sexe ou d’orientation sexuelle. »
Quand femmes et technologies ne font pas bon ménage
Ce phénomène de discrimination à l’égard des artistes féminines n’est pourtant pas nouveau et s’explique notamment par un processus de rejet des femmes dans l’accès à toutes formes de technologie. Rebekah Farrugia, professeure à l’université d’Oakland et auteure de l’ouvrage Beyond the Dance Floor: Female DJs, Technology and Electronic Dance Music Culture paru en 2012, était interrogée à ce sujet par Trax en avril dernier :
« Hormis la contribution aux vocaux d’un track, il est plus difficile pour les femmes de se faire une place dans le milieu des musiques électroniques car celui-ci est clairement associé à la technologie dont les femmes ont traditionnellement été détournées. »
Rebekah Farrugia
Entre discriminations et conditions de travail des DJs qui impliquent de voyager et de travailler tard, les femmes sont écartées de la culture rave dès les années 1990, bien que la situation varie selon les pays. Mais plus encore que le mix, le petit monde de la production s’apparente davantage à un boy’s club qu’une terre d’accueil pour les artistes féminines qui chercheraient à pénétrer cet entre-soi : « si la production est moins accessible aux femmes, c’est […] parce qu’elle nécessite du soutien et du réseau. Les réseaux permettent d’accéder à la connaissance et aux ressources » indique Rebekah Farrugia.
Communiquer pour mieux régner
Partant de ce constat, le réseau Female:pressure se présente désormais comme l’opportunité pour toute femme et artiste digitale d’accéder à la connaissance et aux ressources dont elles ont besoin. Véritable base de données à visée professionnelle, DJs, VJs, musiciennes, compositrices, chercheuses et journalistes membres du réseau voient ainsi leur contact apparaître sur le site female:pressure, d’où une recherche par critère de localisation et de profession peut être réalisée.
« Tout l’intérêt de cette base de données se situe dans la mise en relation des artistes entre elles, susceptibles de s’entraider pour évoluer, mieux créer et se rassembler dans le cadre d’événements culturels plus variés en termes culturels et de genres »
Antye Greie-Ripatti
Le réseau va même encore plus loin aujourd’hui puisqu’il accueille, en plus des artistes féminines, les personnes transgenres et non binaires. Et de conclure : « il ne s’agit pas de savoir combien d’artistes féminines ou transgenres nous sommes dans la musique électronique mais de savoir si et comment nous sommes reconnus ! »
Prêt.es pour un tour de France de l’art digital sous toutes ses formes ?
D’autres artistes sont à découvrir de manière aléatoire ou choisie sur le site de female:pressure et les événements du réseau via la page Facebook.
Par Manon Merrien et Marie Crabié






